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Les pigments

 Les murs

 

Les bétons

 

Fiches techniques

 

 

 

    Les pigments sont des molécules particulières capables d'absorber une partie du spectre de la lumière mais aussi de réémettre une partie du spectre qui correspondra à la couleur perçue par notre oeil.

     

    Les pigments sont d'origine géologique, organique (végétale et animale) et actuellement synthétique.

     

    Les premiers pigments utilisés ont été des pigments d'origine minéralogique.

    Ces pigments sont un mélange d'oxyde et d'argile (ocres).

    Le métal oxydé est variable fer, manganèse, cuivre.

    Ils peuvent être aussi des sulfures de mercure, de zinc de cadmium ou de plomb noir (galène), de carbonates de calcium (calcite, aragonite).

     

    Les pigments organiques sont essentiellement des molécules aromatiques possédant des groupements chromophores. Ces groupements d'atomes sont capables d'être excités et de transférer leur énergie au métal qui se trouve au centre du groupement chromophore. Ces métaux de transition possèdent deux ou plusieurs degrés d'oxydation différents.

    Ils offrent une gamme de couleurs qui sera la conséquence du degré d'oxydation du métal et de la nature du liant qui sera utilisé lors de la fabrication de la peinture.

     

     

    Les différents pigments

     

    Quelques pigments issus des terres :

     

    Les premiers hominidés ont laissé leur empreinte sur les parois de nombreuses grottes de France ou d'Espagne. Les plus connues comme la grotte de Lascaux ou la grotte de Chauvet, montrent que les hommes possédaient déjà une très grande technique de l'utilisation des ressources naturelles que la nature avait mis à leur disposition.

     

    Les pigments étaient issus des terres colorées, de l'ocre et de la bauxite.

    Les sables ocreux sont les plus connus. Ils ont fait la richesse de la région de Roussillon dans le Vaucluse (le plus grand gisement en France encore exploité actuellement).

    Ces sables issus de dépôts marins, sont composés de sable de quartz d'argile, la kaolinite et d'oxyde de Fer.

     

    On distingue plusieurs ocres : les ocres jaunes (la goeghite), les ocres rouges (l'hématite). Entre ces deux teintes, il existe une multitude de teintes qui peuvent aller du jaune à l'orangé et au rouge.

    Par différents procédés de chauffage, il est possible de transformer la goethite en hématite. (Il y a 40 000 ans, au paléolithique moyen,  la technique de chauffage de l'ocre était connue)

     

    Il existe des terres tel que les terres de Sienne et d'ombre (Nord de l'Italie), qui sont des sables ocreux, où de faibles quantités d'oxydes de manganèse mêlés à la geothite vont donner des pigments bruns.

    Certaines terres noires sont caractérisées par une dominance de l'oxyde de manganèse. Elle sont très présentent dans des vallées de la Dordogne ou du Lot.

     

    Ces pigments ocreux sont bien connus et sont à la base des grands fonds monochromes.

    Ils sont issus de l'extraction de la partie argileuse oxydée de la partie sableuse.

     

    D'autres terres comme les terres vertes sont très abondantes, ce sont des protoxydes de fer.

    Ces terres vertes (glauconies, cléladonite ou chlorite) se sont formées au sein des sédiments des mers froides. Elles sont peu utilisées par les peintres.

    Les cléladonites d'un vert pâle tirant sur le bleu, sont en revanche très appréciées des artistes mais elles sont extrêmement rares.

    Les gisements renommés sont ceux de Chypre et de Monte balo, près de Vérone .

     

    Quelques pigments issus des minéraux :

     

    Le cinabre, le lapi lazuli, la malachite, l'azurite, la pyrite, l'antimoine, l'orpiment, sont des minéraux peu abondant considérés comme des pierres semi-précieuses ; ils rentrent dans la composition des différentes peintures.

    Ils sont utilisés après broyage et associés avec des liants adéquats.

     

    Le lapis-lazuli (lapis = pierre en latin ; lavégard = bleu en persan) fut le premier minéral à être utilisé pour produire un bleu profond .

    La pierre était broyée et lavée. Son utilisation s'est complexifiée à partir du XIIe siècle.

    Les gisements de lapis lazuli sont essentiellement en Afghanistan.

     

    Le vert de malachite et l'azurite sont deux pierres semi-précieuses.

    On peut trouver sur un même fragment de roche les deux minéraux.

    Le vert de malachite fixe la lumière mais est instable dans le mélange.

    L'azurite est connue depuis l'antiquité sous le nom de pierre d'Arménie, correspond  à un bleu qui suivant la finesse du broyage est plus ou moins intense.

     

    L'orpiment, sulfure d'arsenic, était très utilisé par les égyptiens. Sa couleur jaune d'or complète les différents pigments ocreux connus.

     

    Le cinabre, est une pierre semi-précieuse. On en trouve encore dans les carrières

    d'Italie ou dans les mines d'Almaden en Espagne.

    Cette pierre broyée donnera le rouge vermillon. Cette pierre a toujours été chére et fut utilisée que dans les demeures de grande classe.

     

    D'autres minéraux sont utilisés comme l'antimoine ou les acétates de cuivre qui font les vert-gris des enluminures. Des roches tel que l'ardoise, la calcite, le gypse interviennent dans la préparation des pigments.

     

     

    Quelques pigments végétaux :

     

    Le bleu pastel est issu d'une plante, l'Istasis tinctoria. La région de Toulouse était très célèbre pour cette production.

    Le cycle de la fabrication du Pastel est très long (environ deux ans) et sa préparation complexe.

    Le Pastel fut détrôné par un autre pigment, l'indigo, tiré de l'indigotier (Indigofera tinctoria).

    Cette plante provient de l'Inde. Son coût peu important provoqua la mort de

    l'industrie du Pastel en 1562.

    Pour obtenir le bleu Indigo, il faut faire fermenter les feuilles.

     

    La garance est issu d'une plante herbacée (rubra tinctorum) des régions chaudes et tempérées.

    Le colorant rouge vif issu de cette plante provient de la racine. Cette racine est séchée, écrasée et blutée, on dit que la garance est robée. C'est  sous cette forme" la garacine" que ce colorant fut vendu.

            

    Le jaune du genêt, de la sarette, vont enrichir la palette des pigments.

     

    Le Tournesol correspond au deuxième grand bleu végétal.

    On extrait ce colorant des graines.

    Ce colorant est connu en chimie comme indicateur coloré.

     

    Le bois champêche donne une couleur  noir-violet.

     

    Le noir de vigne ou le noir fumée.

    Le noir de cep de vigne carbonisé est surtout apprécié en raison des gris bleu très froids qu'il permet d'obtenir ; il n'est cependant pas considéré comme un bon pigment pour la peinture

     

     

    Quelques pigments d'origine animal :

     

            

    Le kermès est un insecte, qui donne un rouge écarlate, réside sur les chênes kermès (Quercus coccifera) et sur les chênes lièges (Quercus ilex).

    Ce parasite des chênes forme au niveau des rameaux des gales.

    Ces gales sont broyées et la poudre obtenue est soluble dans l'eau.

    On obtient un rouge équivalent au rouge vermillon en le mélangeant avec du vinaigre et du citron.

     

    La cochenille du Nopal, est un insecte qui se développe sur les figuiers de barbarie.

    Ce sont les femelles qui sont à l'origine du rouge carmin.

     

    L'encre de Sèche (sépia)

     

    La pourpre est issu d'un liquide jaune fermenté provenant d'une glande extraite d'un mollusque : le Murex.

    C'est un colorant noble dont l'invention est attribuée au Hébreux.  

     

    Les pigments synthétiques :

     

    Le premier pigment synthétique a été mis au point par les Egyptiens.

    Ce pigment fut obtenu par cuisson d'un mélange de silice, de produits calcaires, de cuivre et d'un fondant, à l'époque le natron ( sesquicarbonate de sodium naturel ).

    On obtient un silicate double de sodium et de cuivre.

     

    Les pigments synthétiques prennent leur essor en 1856 avec la découverte par un jeune chimiste, William Henry Perkins, de la mauvéine, un dérivé de l'aniline. Ce colorant fut mis à la mode grâce à la Reine Eugénie qui trouvait que le mauve s'accordait bien avec ses yeux.

    Cela devint la couleur favorite de l'époque Napoléon III.

     

    Les chimistes allemands découvrent  l'alizarine qui concurrença la garance.  

    L'Indigo fut synthétisé, suplanta l'indigo naturel et ruina la filière.

    Certains colorants possèdent des propriétés bactéricides, qui furent découverts un peu par hasard  et qui sont à l'origine de la découverte des sulfamides des médicaments majeurs pour la lutte contre les infections.

     

     

    Les différentes techniques de peintures.

     

    Les peintures sont des représentations du monde.

    Elles sont les résultats d'une multitude d'évènements tels que les évènements historiques, les phénomènes de société, les cultures religieuses, spirituelles et les tendances philosophiques.

     

    Historique :

     

    On distingue trois éléments principaux :

     

    Le subjectile ( support de la peinture).

    Les pigments colorés.

    Le médium.

     

    Après la peinture, en général un vernis est déposé sur le couche picturale, il permet de protéger et d'assurer une certaine stabilité des couleurs.

     

    Dès le paléolithique il existe des représentations picturales ; elles sont le résultat de

    l'association des différentes argiles de couleurs, de cendres d'os, de pigments végétaux associés à de l'eau ou de la graisse.

     

    Les Egyptiens ont été les premiers à synthétiser les pigments.

    Le bleu égyptien est un silicate de cuivre. La couleur finale est le résultat par une réaction de complexation entre la chaux et le pigment.

     

    Dans l'Antiquité, les pigments sont le plus souvent d'origine minérale.  

    Les nuances sont obtenues par chauffage et mélange des différentes teintes.

    Les peintures sont plutôt murales mais de nombreux objets parchemins, vêtements sont teintés.

     

    Au moyen âge, les techniques sont complexes, les peintures murales sont faites à sec ou bien à fresques.

    La peinture sur bois est une révolution très prisée car elle permet la circulation des

    œuvres. Les objets ainsi réalisés peuvent être embellis et enrichis par des couches de feuilles d'or. C'est le cas pour les icônes.

     

    A la fin du XVI e siècle la pratique dominante est la tempera.

    Il s'agit d'un mélange de colle ou d'eau et de pigments.

    Cette peinture est sensible aux variations de température et d'humidité.

    L'oeuf est rajouté, il donne l'éclat aux couleurs et à l'émulsion.

    Les couleurs de la tempera sont mates.

     

    L'aquarelle est utilisée à la Renaissance.

    Elle correspond à une détrempe très légère.

    La gouache est une tempera beaucoup plus pâteuse.

    Le pastel ( associé aux accessoires du dessin, fusian, craie, sanguine) est broyé avec les pigments de couleurs. Le diluant étant l'eau.

    Les fresques très présentes dans toute l'histoire de la peinture sont codifiées.

    Les pigments sont dilués dans de l'eau et déposés sur un mortier de chaux éteinte qui sera ensuite étendue.

    Le mortier va absorber et fixer les couleurs.

    On distingue plusieurs phases :

     

    - On enduit le mur d'un mélange de sable fin et de chaux (l'arriccio).

    - Puis on reporte sur le mur les contours du dessin d'ensemble ; on divise le travail en secteurs appelés ( giornate = journée) qui correspondent à la capacité journalière de travail de l'atelier.

    - Un dernier enduit est déposé chaque matin (l'intonaco) composé pour moitié de chaux et pour autre moitié des sables.

    - Les couleurs sont étendues. Les teintes obtenues seront le résultat des réactions entre la chaux et les pigments.

    - . Les pigments utilisés sont les pigments de terres, et des pigments d'origine végétale.

     

    La peinture à l'huile est une nouveauté, elle fut travaillée dans les Flandres et en Italie. La technique finale apparaîtra à la fin du XVe siècle.

    Les recettes sont innombrables, elles font intervenir l'oeuf, l'huile, le vernis.

    Les huiles utilisées sont l'essence de térébenthine, de lavande, de lin, de pavot, de ricin.

    Les subjectiles sont nombreux ; ils peuvent être composés d'une toile de lin ou de chanvre tendue sur un châssis, mais aussi sur de la pierre, du cuivre, de l'ardoise ...

    Il est possible de travailler sur un fond préalablement coloré. C'est le cas de la technique de l'imprimitura.

     

    Les techniques synthétiques se sont développées depuis la seconde guerre mondiale. Les peintures sont plus complexes.

    L'utilisation de matières plastiques, la stabilité des couleurs, ont permis une popularisation de la peinture et de diversifier encore plus les supports picturaux.

     

    Les matières à charges :

     

    Ces substances sont associées aux pigments car elles permettent de donner des caractéristiques particulières à la peinture tel que la résistance à l'acide.

    Elles sont d'origine naturelle principalement.  

    Les plus connues sont la calcite ( carbonate de magnésium), la craie, les dolomies, les kaolins, les talcs.

    Au contraire des pigments, les matières à charge ont parfois une très faible opacité et sont sans couleurs.

     

    Les solvants :

     

    Ils permettent de contrôler la viscosité de la peinture.

    Ils diluent les pigments.

    Après évaporation, les pigments se fixent sur les subjectiles.

    Le choix des solvants va dépendre des pigments, des médiums utilisés et des conditions d'applications.

     

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